Une sortie « S2 » du plan « préparation 100 km de Millau »…
Je m’en vais vous compter ma sortie S2 de la semaine du 10 au 15 août (ce soir).
Tout commence cette après midi, il est 17h30, le soleil cogne de toutes ses forces sur les Yvelines.
Après réflexion, la raison l’emporte et me pousse à faire une petite sieste de 30 minutes (je rappelle, pour les mauvaises langues, que je suis debout depuis 5h du mat) et à reporter la séance de Vitesse Spécifique (VS dans le jargon de Rodolphe) en fin de soirée pour profiter de la fraicheur (toute relative) du coucher de soleil.
Bref, il est presque 21h quand je me lance pour 1h25 de VS (10 Km/h pour le boulet que je suis).
Après presque ¾ heure de trotting, je me retrouve au beau milieu de notre belle forêt de Rambouillet, dans le noir (éclairé par la frontale), sur le parcours qui devient quasi quotidien depuis que le plan est lancé. Titi serait fier de moi, je tiens mon objectif, tel un métronome : 5’50 au Kilo, quand je me mets à penser :
« C’est vraiment pas raisonnable, il est presque 22h, il fait nuit noire en forêt, t’es tout seul comme une cloche sur cette piste cyclable ! S’il t’arrive quelque chose (attaqué par un sanglier, un chien errant ou une bonne entorse), t’es comme une truffe … et avec un peu de chance, il n’y a même pas de réseau !!! »
Bref, tout ça pour dire que je commençais à me monter le bourrichon, tout seul, comme un jeune ado quand, d’un coup, une grosse masse sombre bouge dans la pénombre latérale du faisceau de ma lampe frontale.
Instinctivement j’oriente mon regard (et donc la lampe perchée sur mon front) en espérant tomber sur une biche ou un cerf (qui ne sont pas rare dans ce bois) tout en craignant rencontrer un sanglier (que je préfère voir de loin).
Et là !!!
Je ne peux qu’être spectateur d’un jeune couple... ... pris en flag !
Le jeune homme tente de remonter, en désespoir de cause, son short (me semble t il) qui coince à mis cuisse alors que la demoiselle passe péniblement de la position allongée sur le dos (sur une table en bois mise à disposition par l’ONF) à la position assise. Ce qui n’a pour effet que de mettre en valeur le fait qu’elle ne porte plus de haut. Le tout en quelques dixièmes de seconde, le temps pour moi de comprendre la situation et de dévier mon faisceau de lumière si impudique et indiscret.
En bon coureur solitaire que je suis, équipé de mon lecteur MP3, je ne peux entendre ce qui se dit, et je ne tenterais pas de répondre… … le sourire jusqu’aux oreilles.
Mais la sortie n’est pas finie ! Je reprends mon rythme en repensant à la situation …
… j’ai sortie de mes pensées ces idées noires quand d’un coup, j’entends : non, je sens un pas lourd et sourd tout proche de moi, dans mon dos ! Le sol vibre et un souffle retentit à hauteur de ma tête …
Mon cœur s’arrête ! Pour finir par reprendre ses pulsations et exploser son rythme cardiaque avant que je discerne une voix (j’ai toujours ma musique dans les oreilles) et que je comprenne en voyant cette silhouette ENORME apparaitre sous la lumière :
« Excusez moi, je me suis fait prendre par la nuit, est ce que je peux vous accompagner jusqu’à la sortie du bois pour profiter de votre lumière ?je n’y vois rien ! »
En fait, il s’agit d’un cavalier, inconscient de la durée de sa balade, piégé par la nuit, qui est arrivé au trot sur moi (par l’arrière) pour me rattraper, en voyant mon faisceau lumineux.
Je ne peux pas lui refuser ! Je sortirais cet inconscient du bois (faut dire qu’il restait moins d’1 kilomètre pour y parvenir), en sentant le souffle chaud du cheval (certainement stressé par son cavalier qui le fait trotter pour me suivre) qui cour sur mes talons.
Il ne me reste « que » 3 km pour rentrer, je suis sur ma petite route de campagne, je souffle, il ne peut plus rien m’arriver ce soir !!!
Merci Rodolphe !!!
Sans un plan de préparation pour Millau, je ne serais jamais sortie ce soir et j’aurais loupé tout ça !!!
Titi, t’étais où ? Reviens finir le plan avec moi …
Bilan, une sortie presque bonne : 1h30 de sortie pour 1h25 de cible mais avec des « pointes » et des allures complètement aléatoires sur au moins trois kilomètres de ma fin de parcours …
Conclusion, il y a de drôle de bête, la nuit, en forêt de Rambouillet.
Bonne fin de nuit à tous, bonne fin de prépa pour mes camarades de jeu « 100 km de Millau » et une grosse pensée pour Valou (valentin) et ti’gros (Cyril) à moins d’une semaine de leur Ironman d’Embrun.Eric