La 6000 D de la Plagne 2005

Publié le par LeGivreBlogMaster


Tout d'abord pour la décrire un peu simplement pour ceux qui ne la connaisse pas du tout c'est une course de montagne de 55 kms qui part du lac de Macôt qui est située dans la vallée et qui monte via les stations de AIME 2000 , La Plagne Centre au sommet du glacier de Bellecôte a 3050 m d'altitude. La course cumule une dénivelée positive de 3000 m et négative de 3000 m .... D’ou le nom

J'avais décidé pour m'acclimater à l'altitude d'arriver une semaine avant à Belle Plagne (2000 m) et de rester à faire des randonnées pendant la semaine avec les enfants .... Et je crois que j'ai bien fait car la respiration est vraiment différente pour nous qui sommes des habitués de la plaine

Bon parlons maintenant de cette course ou de cette aventure … car s’en est une en fait.
Le départ s'effectue a 8.00 a Macôt ... pas de bus entre les stations de la Plagne et Macôt .. ça c'est un peu dommage de la part de l'organisation ...
Mais on arrive à s'arranger avec d'autres coureurs pour se faire descendre et du coup cela permet de faire des rencontres.
J'arrive pour 7.00 .. Les concurrents arrivent tranquillement et on sent l'effervescence monter petit à petit ...
Les conditions météo sont bonnes quoi qu'un rafraîchissement depuis la veille est arrive sur les Alpes ...
Il y a deux jours a 2000 m nous avions le matin 15 °c et 25 l'après midi .... Ce matin a 2000 m il fait 5 °c a plus de 3000 m il fait -2 °c ça va cailler !!!
Le speaker de la course avec beaucoup d'humour cherche à nous motiver mais aussi a nous rassurer.. C’est très sympa .
8.00 du mat ... Boum !

(Le depart - Alt : 680 m)
Coup d'envoi, on est parti, …. ne poussez pas derrière !! c’est comme la ruée vers l’or !!!!
La course part sur un rythme rapide. C’est surprenant mais moi aussi je me laisse griser par tout ces Camel bag qui virevoltent autour de moi !!!
La course débute par 3-4 km de faux plat descendant sur les bords de l'Isère. Il s'agit d'en profiter vu ce qui nous attend. On discute, on plaisante...et paf ! On grimpe.


Nous sommes arrivé à Bonnegarde ....
C'est marrant la d'un coup ça plaisante beaucoup moins
Les premiers mètres se font en courant, puis rapidement on est obligé de marcher. La longue ascension commence. Tout le monde marche sur une colonne ; le torse penché sur l’avant et les mains en appuis sur les cuisses. Il est difficile de dépasser.

(A la queue leu leu - Photo trouvée sur internet)


Je grimpe d'un bon rythme pour ne pas me laisser enfermer dans le peloton et être bloquer dans les sentiers plus étroits qui nous attendent.

(A la queue leu leu - Un peu plu haut - Photo trouvée sur internet)


Finalement ce rythme me convient, Dès que la pente est moins dure, j'essaie de trottiner un peu. Ca délasse un peu les cuisses et le mollets. J'essaie de penser à boire un peu d'eau toute les 10mn malgré la fraîcheur ambiante. La course suit son rythme faite de grimpettes plus ou moins dure, de relances etc. pour finalement arriver à la Plagne.
Enfin un peu de monde pour nous encourager. Heureusement car il y a un passage de 300 m avec un pente a prés de 40 % c'est terrible .... le public nous encourage .. ça fait chaud au cœur d'autant que plus on monte plus il fait froid ... j'ai les pouces gelés ... mais il parait que le brume va se lever vers midi j'espère car j'ai a peine chaud
 ça ressemble un peu aux arrivées du tour de France en montagne … c’est très agréable.
Je décide de ne rien prendre au ravito de la plagne car j'ai décidé de me ravitailler qu'avec mes gels oversim pendant toute la course et la moitie d'un gatosport que j'avais emmené avec moi .. je ne remplis pas mon camel bag .... il y a encore le temps
Nous passons donc Aime 2000 ... Un peu de descente (direction plagne centre) et de plat pour relancer la mécanique, c'est parfait les sensations sont bonnes.
Cette portion est moins jolie.. Normal nous nous trouvons dans la station.. Mais bon .. C’est sympa tout de même car il y a du public.
Après le passage du lac des blanchets

(Le superbe lac des blanchets avec l'ascension vers roche de Mio - Photo trouvée sur internet)


 c'est la Roche de Mio qui nous attend maintenant. Le paysage a changé, nous sommes passé des sous-bois, aux alpages verdoyants. C'est de nouveau magnifique, Le profil me semble relativement aisé (j'ai bien écrit "relativement").

(Direction roche de Mio - Lac des blanchets en contre bas - Photo prise sur internet)

La fin de la montée à la Roche de Mio se fait bien sur en marchant d'autant que j'ai décidé comme beaucoup de couper au travers d'un pierret plutôt que de suivre les lacets pour monter a la roche de Mio. Avec du recul je ne suis pas certain que le jeu en vaut la chandelle. C'est dur..

 La fin de la montée à la Roche de Mio se fait bien sur en marchant d'autant que j'ai décidé comme beaucoup de couper au travers d'un pierret plutôt que de suivre les lacets pour monter a la roche de Mio. Avec du recul je ne suis pas certain que le jeu en vaut la chandelle. C'est dur..

(Le pierret de la roche de Mio)

Mais je plaisante encore avec un belge que j'ai rencontre dans les alpages avant le pierret et qui regrette déjà son plat pays
 on se motive .... on s'encourage ... on se donne rendez vous a l'arrivée … Beaucoup de spectateur sont là pour nous encourager.
Je vois mes enfants qui m'encouragent ça me redonne un peu de baume au coeur et au corps ... c'est ça qui est bien avec les infrastructures de la station je pourrais voir mes enfants encore au col de la chiaupe, au sommet puis de nouveau a la chiaupe, ensuite a plagne bellecote et enfin au lac de macot pour l'arrivée ... c'est très sympa ... et cela va m’aider pendant toute la course.

(Mon arrivée à roche de Mio avec mes 3 enfants - Alt : 2700 m)


Arrivé au sommet de la roche de Mio (2700 m d'altitude il me semble et deja 2000 M de positif), nous redescendons au col de la Chiaupe par un chemin en pente douce très agréable (enfin relativement doux 10% je crois  ).

(Je descends de roche de Mio vers le col de Chiaupe)

J'en profite pour bien m'hydrater, récupérer, et profiter pour accélérer un peu le rythme .... Tout va bien mais je commence à sentir quelques contractures dans les jambes. C’est une surprise car je pensais ressentir ça dans les montées et en fait avec la première grosse descente les premiers signes de fatigues apparaissent !!!

Arrivee au col de la chiaupe mes enfants sont encore la .. génial ...


 ALLEZ PAPA …. FONCE ….. !!!!!

(Après le ravitaillement du col de la Chiaupe avec mes enfants)


Arrivé au ravitaillement de la Chiaupe, je refais le plein d'eau cette fois ci, avale un nouveau gel, évite une collision avec le 2e qui termine sa descente du glacier. Ils sont sur une autre planète ces anglais la ... c'est dingue l'aisance que les premiers ont .... je reste admiratif.

(Un coureur dans la descente du glacier vers le col de Chiaupe - Photo trouvée sur internet)


Le glacier est devant moi, y'a plus qu'à !!! J’attaque très très doucement. De toute façon la pente devient tellement raide qu'on à pas le choix. Nous avançons au milieu de la rocaille . Ça devient vraiment dur, l'ascension se fait de plus en plus lentement. Une sensation que je ne connaissais pas : avoir du souffle et respirer normalement alors que le rythme cardiaque s'emballe.

(La montée vers le pierret de Bellecote - Photo prise sur internet)


Le sommet apparaît, et l'on entend les encouragements du public : ça fait du bien. Mais lorsque l'on lève la tête dans ce pierret c'est impressionnant .... ça semble tout pres mais vu la pente a escalader c'est parti pour 20mn d'effort intense .... Allez je prends mon courage a deux main et j'y vais !!!

(La montée dans le pierret de Bellecote - Photo prise sur internet)


Le sommet n'est pas dans la neige cette année c'est dommage ... la glacier recule trop en ce moment avec les étés chauds que nous vivons ...
C’est vraiment dommage j'aurais aime courir un peu sur cette neige de fin Juillet.. Tant pis cela sera pour une autre fois. En haut du pierret mes enfants sont encore la …. SUPER !!!

(Je suis en haut du pierret de Bellecote - Ouf !!! )

ca fait vraiment du bien . Je m'arrête pour boire un coup et discute un peu avec eux et j’aperçois l'altitude marquée sur les télécabines : 3000m. Il reste donc encore 50 m ..une bagatelle !!  quelques minutes d'effort et me voila content d'être arrivé en haut. J'y suis en 3h45 et suis 164° .. je suis en avance sur mon objectif .. je suis surpris car je suis fatigué mais pas lessivé quand même. Je me sens bien mais la descente va être dure, très dure même.

(La bascule a 3050 m - Photo prise sur internet)


La première partie de la descente est dans la rocaille ... c'est dangereux et très impressionnant .... Il faut être un cabri pour dévaler ça a fond la caisse.. les plus intrépides commencent a me doubler. Du coup je suis ravi de ne pas avoir de neige .. Car je me dis que cela doit être encore plus fou cette descente avec de la neige !!!!
On est obligé de forcer pour ne pas se laisser entraîner par la descente, les muscles des cuisses sont bien sollicités. On arrive à nouveau au col de la Chiaupe (2e passage au ravito) ; on croise les autres concurrents qui vont seulement démarrer l'ascension du sommet .... Je leur souhaite bon courage et je sais pour y être passer maintenant qu'ils vont en avoir besoin d'autant que je vois bien que certain sont clairement dans le rouge ... c'est la que je perçois que cette course est tout de même d'une certaine envergure ...Un peu grisé par mon passage en sommet j'étais parti dans la descente avec dans ma tête l'objectif de pulvériser mon objectif premier... Ce chassé croisé me ramène a la réalité et me fait reprendre de l'humilité ... il me reste encore une cote terrible et encore plus de 20 km ... dans une heure c'est peut être moi qui serait dans le rouge.

(Je suis de retour au col de la chiaupe apres la descente vertigineuse du glacier)

Au ravito de la chiaupe .. je m'arrête 5mn .. Mes enfants sont encore la. On discute un peu... je fais quelques étirements ... car les contractures commencent a être de plus en plus pressantes .... C’est dingue comment ces 4 kms de descente m’ont encore complètement détruit. J'ai de plus en plus de douleurs aux bras et aux abdominaux .... Dans la descente tout le corps souffre .... C’est terrible et je ne viens de faire que 4 kms de descente .... Il m'en reste 20 ...
Je prends un gel oversim et de l'eau. Je grignote un peu de gatosport tout en amorçant la descente qui se fait sur un terrain plus souple (terrain montagneux), mais très pentu ; ce qui sollicite encore les muscles. Nous arrivons bientôt au chalet du Carroley où nous attends notre dernière grosse difficulté : la montée au col du Carroley plus connu sous le nom de l'arpette.

(Descente du col de la chiaupe versl le chalet du Carroley)

De nouveau un gel . C'est là que je connais mon passage à vide : environ 40 bornes dans les jambes, environ 2500 m de dénivelé positif ; ce col qui m'attend.. je suis dans ma tête dans un état second J'attaque très doucement, j'essaie de positiver ; je pense à mes enfants qui je le sais sont avec moi et qui m'attendent de l'autre cote a plagne bellecote ; mes enfants, que je serais heureux de voir ici pour m'encourager comme ils savent si bien le faire. Je m'arrête, boit beaucoup d'eau, mange encore du gatosport ... et je rencontre un compagnon d’infortune qui vit encore plus l'enfer que moi ... on s'aide moralement tous les deux pendants cette terrible ascension.

(Ascension du col de Carroley - Photo prise sur internet)

Du coup pour moi ça va mieux. C'est réparti. Le fait de devoir aider quelqu’un me fait oublier les douleurs qui m’assaillent de partout.. surtout les abdominaux ... des que je pose un pied au sol ça raisonne dans le ventre et ça me fait terriblement mal .. Je serre les dents ... je continue d'encourager mon compagnon et qui me permet moi aussi d’avancer encore et encore. Quel bonheur tout de même d'avoir la santé pour faire cela !!
Le col du Carioley n'a qu'a bien se tenir : j’arrive !! .. en fait je devrais dire nous arrivons ... moi .. mon compagnon d'infortune et tous ceux qui comme moi sont dans cette terrible ascension et qui regarde le sommet de ce col avec défi ... nous allons te vaincre ... mon compagnon a lui aussi le moral qui revient .... ça fait beaucoup de bien.
Le sommet est là, Plagne Bellecôte en bas. Nous franchissons ensemble le sommet ... nous sommes heureux.. C’etait la dernière ascension .... normalement il nous suffit de nous laisser descendre sur Macôt ...
La descente sur plagne bellecote est terrible : le paysage superbe, mais on se casse les pattes pour descendre une pente "vertigineuse", tous les muscles sont tendus ... des crampes apparaissent. Les premières aux abdos et plus surprenant encore aux bras .. Les jambes sont tétanisées mais ça tient … Mon compagnon a décider de marcher dans cette descente trop raide. Nous nous donnons rendez vous a l’arrivée.

(La descente de l'Arpette vers bellecote - terrible pour les jambes)


A Bellecôte, il y a beaucoup de monde qui nous encouragent. Ca fait un bien fou. Je vois mes enfants. Tous les trois courent avec moi sur 300 m dans la descente. Je ralentis pour rester un peu avec eux et profiter de l’instant....
Le dernier ravito où je remplis une dernière fois mon camel bag .. Je ne mange pas .... Je sais qu'il ne reste plus que 11 km et environ 1400m de dénivelé négatif. Je pense qu'en 1 heure l'affaire sera bouclée ! Je me trompe : les 4-5 kms suivants descendent très peu, on remonte même légèrement parfois. Fatigué, ces petites montées sont un vrai calvaire. Je commence à me dire qu'un moment ou l'autre il va à nouveau y avoir une descente fracassante. Je ne me trompe pas : après avoir profité d'une descente sympathique dans un cadre superbe, il faut "tomber" dans la vallée, là-bas tout en bas!!
Là c'est vraiment dur, je ne sais trop comment m'y prendre, mes jambes me font souffrir, c'est trop raides. Les abdos ne tiennent plus et j’ai vraiment mal. Je décide de tester la marche mais même en marchant çà fait aussi mal. Alors j'opte finalement pour trottiner assez rapidement en faisant de tout petits pas. Enfin, je commence à appercevoir au travers des arbres le fond de la vallée. J'entends le son de la sono à l'arrivée. Ca y est, ça se termine ; un peu de goudron (je ne savais plus que ça existait !) et je rentre sur la zone d'arrivée, l'animateur annonce mon nom (c’est très sympa ça d’ailleurs). M’encourage et me félicite. Mes enfants sont la pour la dernière fois et nous franchissons ensemble la ligne d'arrivée en courrant en nous tenant tous la main en chaîne. C'est marrant, ça fait plaisir. Un plaisir tout simple
Je passe sous la banderole en 6h32mn, en 209eme position, heureux, avec le sourire. Je visais entre 6 et 7 heures donc c’est parfait et revoit mes compagnons de passage au sommet. Il sont arrivés en moins de 6.00. J’ai du partir trop vite . Car sur le plus rapide j’ai 45 mn de retard. Hallucinant comment la descente est terrible et vous detruit.

(Moi en decontraction avant le massage - HEUREUX !!! )

Mais je me sens bien en fin de compte, je bois un coup, quelques étirements. Je me trempe un peu dans le plan d'eau, et voilà !
Ensuite j'attends mon compagnon d'infortune du col de l'arpette .. je veux être la pour l'accueillir .. Car il m'a aide aussi à me surpasser et je veux lui dire merci ... il arrive 15 mn après moi .. c'est dingue les dégâts que peuvent faire les descentes .. Il est fatigue aussi.. mais lui aussi franchit cette ligne d'arrivée avec un sourire en forme de banane ... content lui aussi de l'avoir fait ...
Il tombe dans mes bras, me félicite.. Me remercie et j'en fais de même .. Nous décidons a ce moment la de nous retrouver ce soir pour une fondue savoyarde avec nos familles respectives !!!

(Le massage au bord de l'Isere)


Bilan : Superbe Course, très dure mais qui donne énormément de plaisir et permet de faire des rencontres.. le cadre pourrait être plus sympa si nous n'étions pas aussi près de la station mais cela permet de voir ses proches et pas mal de public même a 3000 m .. Ce qui est très bon pour le moral ..
Et surtout je tenais a remercier Rodolphe pour la préparation qu'il m'avait peaufiner car globalement tout c'est bien passe ... et sans lui je pense que je n'aurais pas été aussi bien préparé et je n’aurais pas pris autant de plaisir.
Un seul conseil pour ceux qui veulent tenter ce genre d'aventure .... Faites bien les abdos que Rodolphe prescrira ... car c'est vraiment la que j'ai souffert
 
A la prochaine aventure !!!!

Pierrick

(Ce que j'ai rate le passage sur le glacier de Bellecôte enneigé - Photo prise sur internet)

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Publié dans CR de courses

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D
Bravo pour tous les participants de la course. Moi aussi je cours mais sur des dénivelés beaucoup plus plats. Votre site est bien. Bonne continuation.
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