La dernière… …de la saison.

Publié le par Eric, le boulet

Bonjour à tous …

 Dernière intervention de la saison pour une dernière participation, et pas la moindre :

L’Ultra Trail de l’AUBRAC.

 Allez, les chiffres, tout de suite :
85 Km pour 3200 m de Dénivelé positif (D+).

 Les conditions climatiques :
(Très) grosses chaleurs sur terrain (très) gras, humide, boueux même … 

Lieu :
SUPERBE région (pleine de cailloux) bien verte et « vallonnée » !!!
Les locaux appellent ça des « p’tits coups de culs », j’y reviendrais à la fin …

 L’état du « boulet » :
« Vidé » serait le terme le plus approprié ! Je m’explique :
 Sortie, la veille du départ, d’une semaine d’hospitalisation pour occlusion intestinale (Urgence et tout le toutime), j’ai passé cinq jours sous perfusion (oui, moi qui court pour manger, ils m’ont nourrit à l’eau sucrée sur 5 jours !!! Une honte !!!) avec une sonde gastrique dans le nez … 

Ils m’ont vidé, j’vous dis ! 

Mais pas l’esprit …                            … et avec l’aval du chirurgien (qui tenait à insister sur l’état de fatigue et l’absence de « jus » et/ou de réserve énergétique ne voyait aucune raison médicale de me l’interdire), je préviens mes co-galériens que je serais du voyage.

In extrémiste, je sors de l’hosto, fait mon sac, mange deux repas de pattes (vendredi midi et vendredi soir), passe une bonne nuit de sommeil et rejoint mes collègues de route pour nous rendre sur place. 

La région est belle, splendide et le temps est idyllique …               … pour se poser à la terrasse du gite, avec une boisson à bulles !
 

 Certains stress (premier « gros » Trail), moi ? Un peu moins, je n’ais pas la pression de « devoir » finir. Je n’étais même pas sur de faire partie de l’aventure.

 

Juste envie de prendre le départ et d’avancer d’un ravito à l’autre en se remettant en cause à chacun d’eux avec un seul but : ne pas aller jusqu’au carton ! Je l’ai promis à Géraldine.

 C’est la première fois que je vais participer à une épreuve ou je suis « prêt » à abandonner …

 Une (très) courte nuit de sommeil, réveil à 2h15 pour le départ de la course à 4h00 !

 Tout étant prêt depuis la veille, nous sautons dans nos tenues, chaussons nos « gaudasses », enfilons nos sac à dos (surchargés) et nous alignons sur le départ. Après ?

 Chacun sa course …              … je préfère courir seul et faire en fonction des rencontres.  

A un moment, je me retrouve  à la hauteur de notre Givré « Titi ».

Il semble bien. Je le laisse filer, après une dizaine de minutes en commun, dans une descente (trop rapide pour moi).


J’avance et rejoins tout de même le premier « vrai » ravito (après avoir passé le premier qui ne proposait que du liquide au 18ème).
  

 

Il fallait déjà le mériter, celui là : en haut d’un « p’tit coup de cul », comme ils disent en local :

 

Déjà 31 Km de fait !

 Je traine un peu, profite de ce superbe ravito, prend de la soupe + quelques « salés » et réfléchit sur mon avenir proche (je prends la navette ? oui, non ?) quant apparaissent mes autres compères du voyage. Du coup, je lâche quelques âneries et repart finalement.  

La reprise est « difficile » mais me sera bénéfique. Le parcours nous plonge dans une belle grimpette. Mais comment font les premiers  pour courir la dedans ???

  Après ça ?  Que du bonheur …

 Du coup, j’en profite, je me mets à courir dès que possible, je me surprends même à doubler. Je me lâche dans les descentes (ça tombe bien, il y en a une belle de 5 bornes). Je remonte une quantité stupéfiante de concurrent.

A
u loin, je reconnais Titi qui marche en soulageant ses appuis. J’ai tout de suite compris et passe quelques secondes avec lui avant de l’abandonner à l’évidence de son sort. 

Je résiste dans les montés mais le combat est inégal contre les concurrents équipés de bâtons.
Il faudrait vraiment que je m’y essaye ! 

Ca monte, ça descend, ça n’arrête pas :

































Le GPS m’annonce deux kilomètres avant le 2ème ravito « solide » et la seule barrière horaire.

 Vivement ce ravito du 54 Km.
J’y suis ! Déception …                          … plus de coca et pas de salé ! Les bénévoles attendent le camion, qui ne doit pas tarder, équipé du fromage, du coca et des chips. Tant pis, si j’attends trop longtemps, je me connais, je ne repartirais pas. 

Et c’est repartit, je suis déjà satisfait de ma performance mais j’aimerais bien en voir plus. 

Le reste sera « tranquille », je gère l’équilibre douleur / plaisir / réserve énergétique.
Prochain objectif : rejoindre le ravito du 67 Km sans jamais aller trop loin.

Le parcours, la région, l’organisation, le fléchage …                       … rien à dire !
PARFAIT !!!

Quelques passages dans le désordre :

  
 
 
 
 

Arrive LA côte du parcours, après un énième guet d’eau, on attaque une ascension de 11 bornes non stop. Tout le monde marche, des regroupements se forment et les langues se délient. C’est moins long pour tout le monde en papotant.

Sur la fin, le relief est moins prononcé, les groupes se disloquent et je me retrouve encore tout seul. 

Un coup de moins bien !
Je craque et j’appelle Géraldine, restée en région parisienne pour honorer son travail.
Je sais que je vais la réveiller (travaillant de nuit, elle dort en début de journée) mais tant pis, il faut que je parle, que je libère mon esprit. J’ai besoin de soutient. 

Elle ne me raisonne pas mais me rappelle uniquement de tenir ma promesse :
Ne pas aller au carton ! 

Elle me fait relativiser :
« Tu avais dit que tu arrêterais certainement au 31 et au plus tard au 54 ! Tu es déjà au delà de ton objectif, non ? »

Cela me fera un bien fou et finalement, pas après pas (je ne fais que marcher, ou presque), je rejoins avec le sourire le dernier ravito. Il ne reste « que » 18 Km et « seulement » 300 m de D+ (selon les infos des supers bénévoles).

Autour de moi, des abandons, des abandons et des abandons …
Ils finiraient par me faire douter …              … et Marc (qui m’a rejoint et que je n’avais pas vu arriver) me prend l’épaule et me lance :
« Punaise, t’as tourné comme un chef depuis le 31, bravo ! »

Ces quelques mots me regonfle et je repars en sachant que je finirais en mode marche : trois heures et le tour sera joué. J’abandonne Marc qui veut « traiter » ses pieds et se ravitailler et prend donc un peu d’avance. Il me rattrape à 11 bornes de la fin. Prends le temps de papoter et me réclame un peu d’eau. Il pense avoir mal gérer la quantité de liquide dans sa poche à eau et n’ose plus boire de peur de manquer d’eau sur la fin de parcours (exposé en plein soleil). 

Pas de soucis pour moi, je pourrais en distribué : j’ai fait tous les pleins (poche à eau + ma gourde). Et finalement, il accepte de repartir : il trottine encore bien, hors « montée », et finira par me coller un quart d’heure sur ses 11 Km. Bien joué Marc ! 

Comme prévu (convenu avec moi-même), je finirais l’aventure en marchant.

Un bénévole me lâche :
 « C’est super, bonhomme, encore un dernier p’tit coup de cul et après ça roule jusqu’au bout, t’as plus que 6 bornes »

Je vous laisse juger du « p’tit coup de cul » :

Et oui, les petites « taches », le long de la clôture montante, sont bien des concurrents …
… beau « coup de cul », tout de même !

Bref, je finirais cette aventure, satisfait d’avoir été au bout sans être aller au carton. J’ai tenue ma promesse.
 

Le bonus : je boucle l’épopée en collant deux heures aux derniers (le premier m’en mets 6)…
… manque de chance, les clefs de la voiture sont dans la poche de l’un d’entre eux !!!

J’attendrais donc pour la douche, les tongs et les affaires sèches et propres.
Ils auraient quand même pu se magner un peu  ;-)) !!!

J’en profite pour souligner l’esprit du club et remercier ces adhérents : Tous les participants de l’ASB (rendu sur place pour le 44 ou le 85) sont restés jusqu’au dernier de la course !!!

Alors que bon nombre d’entre eux attendaient pour rentrer directement sur la région parisienne. 

Quel esprit …
Moi, j’adore !!!

Autre chose : nous serons tous FINISHER ! (hormis Titi, mais sur évidence médicale).

Et quelque soit le temps mis : quelle belle victoire !!!
Bravo mesdames et bravo messieurs.

Le lendemain, sur la route du retour …

























Encore merci à tous et bonnes vacances ! 

Le Boulet !

 

PS : une dédicace toute particulière à deux admiratrices sur le parcours, je les embrasse :

 

 

Publicité

Publié dans CR de courses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Merci pour les photos ca donne envie d'y retourner ;o)))))<br /> Bravo Eric ... quel reporter !!!!<br /> En attendant les CR des nouveaux finisher d'ultra de l'asb..... Le club des ultras s'agrandit a l'asb non ????Vive la liberté et la nature !!!
Répondre
T
Un grand bravo à tous. Photos magnifiques.Un grand regret de ne pas avoir été de la partie.
Répondre
V
 Ah mon boulet..., tu es un grand parmi les grands, ton courage, ta simplicité et ta gentillesse sont des leçons de vie pour nous tous.Même les vaches sont admiratrices, limite amoureuses !!!!Encore bravo et continus a prendre du plaisir....A+ VALOU
Répondre