La voie de l’Ecir, le trail de l’Amitié – Préparation UTMB

Publié le par Le Givre latino

Samedi 10 Juin 2006

 Il est 14H30, Thierry, Cyril et moi-même nous nous retrouvons chez moi pour partir vers Murat.  

Nos trois autres givrés, auxquels c’est ajouté notre play-boy et indicateur de 20Kms/Hrs François, étaient partis tôt le matin préférant l’option Via-Ferrata dénichée par notre dalaï-lama et guide spirituel Rodolphe.  

Cyril et moi-même, passionnés de rallyes automobiles nous optons pour le stage de pilotage subaruuuuuuu dirigé par notre Titi national.

Après seulement 4 kms, premiers virages secs avec grincements de pneus (s’il-vous-plais messieurs),

Notre moniteur de stage Titi s’exclame : "ils m’ont mis des pneus de m……."

2 heures plus tard (toujours vivant) 

Après démonstrations de virages, différentes allures de vitesses, insultes diverses et dépassement en tous genres, Cyril grand technicien qu’il est, choisi  de fermer les yeux pour bien mémoriser les courbes et les bonnes trajectoires prisent par notre Titi national.

3 heures plus tard (encore vivant)

Nous décidons par un vote majoritaire de ralentir un peu l’allure après la Photo souvenir prise par la gendarmerie nationale du cantal.

15 mn plus tard (ouah!!!!!! une moto)

Titi remet les gaz pour plus notre grand plaisir à Cyril et moi même, pour faire la course avec une moto sur les charmantes et pittoresques petites routes du Cantal.

3 heures 30 (elle est belle la vie en Subaruuuuu)

Enfin !!! nous arrivons à Murat, où nous retrouvons nos acolytes attablés à une terrasse d’un Café autour d’un liquide inventé par des moines.

 20 heures 30 (le repas)

Où nous découvrons les spécialités culinaires du terroir accompagnées d’une belle tranche de bonne humeur.

Dimanche 11 Juin 2006

Après une bonne nuit réparatrice de nos émotions de la veille, dès 6 heures préparation de nos équipements pour la course et petit déjeuner équilibré.

7h15, tout le monde est sur la ligne de départ avec la traditionnelle photo de groupe.  

7h30, ça y est le départ est donné pour mon premier trail de 53kms, doucement.

Après quelques kilomètres en descentes pour sortir de Murat, nous entamons la première côte avec mon fidèle compagnon de route Pierrick.

Nos premières foulées nous rassurent, Pierrick pour son genoux et moi-même pour mon retour à la compétition après mes petits soucis de santé.

Nous progressons à notre rythme en rattrapant des coureurs dans les montées partis un peu trop vite.

Après une descente impressionnante d’aisance et de maitrise effectuées par Pierrick, j’arrive au premier ravitaillement où je retrouve mon compagnon de route.

Ensemble nous remplissons nos camel-back, nous nous alimentons et repartons tous deux avec un compagnon d’infortune.

Devant nous se dresse la première difficulté du parcours (800m de D+), je décide de prendre la tête du groupe pour donner l’allure.

Après quelques minutes d’ascension, je m’aperçois que Pierrick commence à souffrir de sa blessure au genou, je ralentis pour laisser passer notre compagnon d’infortune et soutenir moralement le courage de mon fidèle compagnon.

Plus nous montons et plus les paysages sont magnifiques, projetant devant nos yeux des images de steppes de Mongolie en passant par des zones arides et caillouteuses d’Afrique.

Ces paysages nous aident à avaler les kilomètres difficiles, surtout pour Pierrick où la douleur commence à se lire sur son visage.

Enfin, après une belle leçon de courage de Pierrick, nous arrivons au sommet de la course (1700m D+) et là une sensation de joie, de vide et de bien être devant ce paysage extraordinaire.

Nous entamons une descente très douloureuse pour mon courageux compagnon et malheureusement mon sanglier des Yvelines (Pierrick) ne peut plus suivre l’allure.

Je décide de garder l’allure car le ravitaillement n’est plus très loin, c’est donc au bout de 3h45 de course que j’arrive  à la Gravière kilomètres 30 (deuxième ravito).

Je me ravitaille, remplis mon camel-back et j’attends Pierrick qui ne tarde pas à arriver.

Je prends de ces nouvelles, tout en cachant la douleur de plus en plus forte qui se lit sur son visage.

Nous repartons tranquille, mais après quelques foulées Pierrick décide de finir la course en marchant.

Je le laisse donc, avec une certaine inquiétude et tristesse de ne pas pouvoir finir cette aventure avec Lui.

Après une petite portion de plat, j’entame une nouvelle côte de 5 kilomètres en plein soleil, je rattrape un groupe, les sensations sont bonnes.

Je me retrouve au milieu des alpages parmi ces magnifiques et coquines vaches du Cantal, où je dois jouer du bâton pour les écarter de mon chemin.

Un croisement se présente devant moi, je jette un coup d’œil sur ma gauche, pas de balise et aucuns coureurs en vue.

Panique totale, je décide accompagné d’un autre coureur de prendre tout droit vers une descente.

Malheur !!!! arrivés en bas, nous apprenons notre erreur d’aiguillage.

Je décide donc avec beaucoup de courage, de faire demi-tour jusqu’au croisement.

Cette erreur d’aiguillage me coutera 30 MNS de retard, j’apprendrais plus tard que se sont les vaches qui avaient mangées la balise.

Au croisement, je retrouve des coureurs qui m’indique la bonne direction, j’accélère pour essayer de  rattraper un peu le temps perdu.

Soudain, devant moi j’aperçois Pierrick qui marche péniblement, je me porte jusqu’à sa hauteur, ralentis un peu pour prendre de ces nouvelles et ré accélère jusqu’au prochain ravito.

Je me ravitaille, plaisante un peu avec les bénévoles et les remercie de leurs encouragements.

Les kilomètres et D+ s’accumulent, lorsque soudain sur la dernière ascension, un grand passage à vide me gagne (plus de jambes, vomissement, etc….) dû à une alimentation trop riche en sucre.

Je m’accroche jusqu’au sommet, puis je suis rejoins par Laurent et son groupe qui m’encourage, nous arrivons au dernier ravito.

Je suis très mal physiquement, des traces de sel présentent sur mon visage et ma casquette indiquent mon état de fatigue.

Laurent, vient  à ma rencontre et me conseille de manger des cacahuètes pour rééquilibrer ma chute de sel.

Conseil d’un cent bornard qu’il est, j’engloutis une bonne poignet de cacahouètes sans discuter !!!!!!!

Nous repartons vers les 7 derniers kilomètres, dans une descente de folie où Laurent et son groupe me distancent de plus en plus.

Soudain, la grâce me tombe dessus et à ma plus grande joie, je retrouve mes jambes de finisseur qui me permettent de revenir et de distancer le groupe de Laurent.

Kilomètre 50, je retrouve notre bon bitume, j’accélère tout en rattrapant des coureurs sous les encouragements de Rodolphe et François pour enfin boucler ce trail en 7h53.

A l’arrivée, rejoint peu de temps après par Laurent, nous attendons les autres givrés en nous ravitaillant de bonnes tranches de pain et fromage du cantal.

Cette course m’aura appris beaucoup de chose sur la gestion de la course ultra, l’importance de varier l’alimentation pendant l’effort, la découverte des paysages du cantal mais avant tout, le courage humain de 6 givrés où l’amitié passe avant la performance.

Val
Le givré latino.

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Publié dans CR de courses

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