l'ultra et ses dangers
Je désire rebondir sur le sujet de Rodolphe qui a su nous mettre en garde sur le sur-entraînement
Parcourir des longues distances est un sport extrême. Il est donc normal de s'entraîner pour s'y préparer. Mais qui dit "extrême" dit "limite". Lors de votre montée en charge, vous devrez rechercher votre ligne rouge. Au-delà de ce point, c'est l'autodestruction. Tout s'écroule comme un château de cartes, aussi bien d'un point de vue physique (blessures) que mental (lassitude, irritabilité) ou même familial (... divorce !). Vous êtes seul à savoir comment repousser cette ligne rouge. Vous êtes seul à savoir "si" vous pouvez la repousser. Le secret d'une montée en charge réussie, c'est de la trouver.
Une grande partie de votre réussite sur cette distance dépendra de votre état de fraîcheur sur la ligne de départ.
L’entraînement n’est pas le seul critère à prendre en considération sur un cent kilomètre
Le monde de l’ultra vous fais prendre conscience de vos forces et surtout de vos faiblesses. Car courir un ultra , c’est prendre conscience que nous ne sommes qu’une chaîne de faiblesses mises bout à bout. L’hypothèse du départ : plus on allonge la distance, plus on mobilise un nombre important de mécanisme, de maillons, dont certains sont faibles et menacent de nous faire stopper. Si l’on tentait de dresser une sorte d’inventaire de ce qui peut causer du tracas lors d’un ultra, voire l’abandon, on aurait : douleurs musculaires, douleurs tendineuses,douleurs articulaire, ampoules, frottements, nausées, soucis gastriques, hypothermie, hypoglycémie,fatigue générale, lassitude, démotivation, dégoût, envie d’abandonner, remise en cause de la pratique même de l’ultra, et d’autres…
Aux soucis physique peuvent s’ajouter des problèmes plus profonds ( moral, mental ). Chaque élément de cette liste non exhaustive peut être considéré comme un maillon. Chaque maillon peut céder sous le poids des kilomètres.
Là où la faiblesse d’un maillon ne porte pas à conséquence ( on peut très bien réussir un dix kilomètres avec une ampoule ) elle sera capitale sur un ultra. Une ampoule peut dégénérer, une hypoglycémie se transformer en hypothermie, nous faire perdre notre lucidité et au final provoquer l’abandon.
L’ultra n’est donc pas un art simple. Il s’apprend, s’essaie, s’expérimente. Il ne faut pas craindre de continuer à courir après la borne marquée 42.195 km mais seulement prendre conscience de l’humilité nécessaire aux mètres, aux kilomètres et aux nombreuses heures qui suivent.
Courir au-delà du marathon , c’est choisir l’horizon comme ligne d’arrivée.
L’objectif est clair, je souhaite terminer dans un créneau horaire défini et de préférence en bon état. Pas question de se lancer sur une telle aventure sans un minimun de préparation physique.
Il va de soi que je vais me préparer mentalement mais je désire aborder un sujet, un maillon qui me tiens à cœur : la préparation des pieds
Entretenir la partie du corps qui nous soutiens le plus est primordial; De nombreux coureurs doivent se résigner prématurément à quitter les épreuves sur lesquelles ils se sont engagés. Je vous invite à prendre RDV un mois avant chaque ultra chez un pédicure afin de supprimer toutes les callosités gênantes et de s’assurer que les ongles ne généront pas de conflits. Pendant un mois j’effectue un tannage journalier avec du tano patte ( fortifiant pour les coussinets plantaires des chiens ). Testé avant le Grand Raid de la Réunion, résultat aucunes ampoules à déclarer après 62 h de promenade.
Nous pouvons aussi prendre du citron ou une solution aqueuse formolée à 5% afin de raffermir la peau.
J’effectue aussi tous les jours une application d’une crème à base de beurre de karité type Nok afin d’éviter les frottements.
Je pourrais m’arrêter sur d’autres maillons comme l’alimentation, la tenue vestimentaire, préparation mentale …… mais je risque de voir des lecteurs s’endormir sur leurs claviers.
Je désir m’étendre brièvement sur le fait que d’autres activités sportives ( cyclisme, natation, aquajogging,….) peuvent vous entraîner le corps sans endommager les muscles. En cas de charge de travail ils sont les bien venus. Mais ils ne remplaceront jamais la course. La pratique quotidienne de cardio en salle me permets d’alléger certaines séances et de changer de cadre d’entraînement.
Nous n’accordons pas assez de valeur à la musculation. Des coureurs de grande notoriété ont progressé grâce à la musculation. C’est le cas de Yiarris Kouros recordman du monde sur 24 et 48h. Il faut faire d’autres activités, dont la musculation, afin d’être plus fort. Je ne pense pas que cela est bénéfique pour un marathonien mais pour les coureurs d’ultra c’est un avantage.