100 km de belves
belves,
Voilà, ce 26 Avril, 7H30 je me trouve au départ de mon premier 100 km . Pour moi c'est un moment très fort car ce défi que je me suis lancé, je dois maintenant le réaliser. Me retrouver là sur une distance qui me parait énorme, désormais c'est avec 3 chiffres qu'il faut compter les kilomètres !!!
Séance de badigeonnage de crème nok
Pour la première fois au moment du départ, je me demande ce que je fais là ! D'un seul coup toutes mes envies de grandes distances se sont envolées, j'ai vraiment le trac, l'estomac serré et je n'ai qu'une seule envie c'est que le départ soit donné pour libérer tout ce stress qui est en moi On rencontre de tout dans ce peloton, des marcheurs, des coureurs avertis, des hommes des femmes, des jeunes des vieux, des couples, des solitaires.
8 h le départ est donné j’effectue les premiers kilomètres en compagnie de Cyril et d’Eric. Rodolphe et Valentin se sont placés en tête du peloton. Après avoir effectué le tour de la ville nous dévalons une descente de près de 1,8 km à 12 km/h. Les premiers kilomètres sont euphorisants, je parle beaucoup, j’échange des impressions, c’est si bon, si agréable, mais je surveille surtout mon allure, ne pas partir trop vite car la route sera longue. Je ralentis l’allure laissant Cyril et Eric tracer la route. C’est à ce moment que je ressens les prémices d’une douleur au mollet qui s’intensifiera de kilomètres en kilomètres.
Le temps passe vite à la découverte de ce parcours. Je m’approche déjà de la Dordogne Le spectacle est exceptionnel, et l’accueil des gens est extraordinaire. Spontanément, certains nous ouvrent leur maison, un verre d’eau, un quartier d’orange, un morceau de sucre, mais surtout de la sincérité, de la gentillesse.
Tous ces petits gestes vont se répéter tout le long du parcours et plus nous avancerons plus ils seront les bienvenus. Merci à tous ces anonymes, ces supporters, ces bénévoles de leurs aides et leurs encouragements. Je passe le 20 ème en 1h50, le 30ème en 2h55, les premières montées montrent leur bout de nez. Je serre les dents, j’espère que cette contracture va disparaître.
Je vais m’économiser, marcher plus souvent Je suis dans les temps de moins de onze heures et quand bien même une heure de plus ce ne serait pas grave à comparer au plaisir et à la satisfaction de terminer, mais au marathon passé en 4h 10 je dois me rendre à l’évidence qu’ à tout instant ma contracture peut se transformer en déchirure, les conséquence seraient plus lourdes. Je dois prendre une décision au 50ème kilomètres car je souffre de plus en plus. Je décide donc de m’arrêter là, la mort dans l’âme, la frustration est grande car je dois laisser partir mes compagnons. A la surprise générale je vois Rodolphe sur le bas côté, il a abdiquer lui aussi ( 30% des coureurs ne franchiront pas la ligne d‘arrivée en raison d‘une température élevée) . Il me prends dans les bras pour me réconforter. Il cache son désarroi, il doit être aussi très déçu.
Finalement, un 100km c’est un peu comme un condensé de la vie, on débute dans la joie, la bonne humeur, l’insouciance. Au fil de l’apprentissage, on rencontre des hauts et des bas, qu’il faut gérer, surmonter ou tempérer. Il faut aussi parfois accepter ses échecs et se dire que de toute façon il aura des meilleurs moments. Mais quelque soit l’issue de la course c’était une expérience qui fallait vivre.
. Il me ramena à Belvès où j’ai eu la faveur de voir les premiers coureurs franchir la ligne d’arrivée. Après plusieurs heures situé aux abords de l’arrivée, je décide de me placer à 500 mètres en amont pour attendre l’arrivée de mes compagnons, à l’ombre car j’ai les avant bras qui commencent à cuire sous cette chaleur harassante. Après 5h d’attente et 10 h 25 de course je vis au loin un maillot rouge venir à moi, c’est valentin. Je parcours les 500 derniers mètres en sa compagnie. J’en ai fait de même avec Cyril 20 minutes plus tard et Eric, une demi heure après, les encourageant dans leur ultime effort.
L’émotion est forte, franchir cette ligne d’arrivée c’est pour eux l’aboutissement d’un gros travail en amont, de gros efforts physiques et mentaux pendant l’épreuve. Cette ligne, elle est là, à portée de jambes, et même fatiguées leurs jambes les portaient vers cette ligne, ils retrouvèrent des forces pour accélérer dans ces derniers mètres.
le temps mis n'est qu'anecdotique, ce qui compte étant le fait de terminer les 100 km en ayant vaincu la douleur physique, morale, les doutes et même les conditions climatique. L'arrivée est une véritable délivrance car elle signifie la fin d'un "calvaire". Mais au-delà de cette souffrance, une grosse fierté se dégage du résultat : la fierté d'avoir su se dépasser, aller puiser au fond de ses réserves pour terminer l'épreuve. Certes, les crampes, ampoules, douleurs musculaires, articulaires en tout genres sont bien réelles, mais dans bien des cas, la détermination l'emporte. Pour tout coureur qui a réussi à finir un 100 km à pied, cela reste une expérience inoubliable, quelque chose qui ne peut pas se raconter, quelque chose que l'on ressent au plus profond de soi, quelque chose à vivre pour tout coureur qui se respecte. Les émotions ressenties tout au long de cette aventure, y compris après avoir passé la ligne d'arrivée sont incomparables, aux dires des coureurs. Jusqu'à présent, personne n'a jamais regretté d'avoir participé à un 100 km à pied . Le participant, en même temps que de se faire plaisir, apprend beaucoup sur lui-même, et la seule victoire qui compte est d'arriver au bout, ou, à défaut, d'avoir été au bout de soi-même, d'avoir dépassé ses limites.
Comme le disait lui-même un coureur, "la douleur (physique) est éphémère, le bonheur (de l'avoir terminée), lui, est inoubliable"
Il n’y a pas assez de mot dans le dictionnaire pour qualifier l’exploit réalisé par nos trois mousquetaires, vêtus de leur maillot de finisher de l’Eco Trail.
Valentin pardonne moi je n'ai pas osé te prendre en photo lors de ton massage effectué par deux beaux males.
Le 26 avril dernier, ma plus grande récompense fut toutes ces émotions que j’ai reçu de votre part lors de vos arrivée successives.
Titi