Mon premier Trail blanc
Samedi 27 janvier 2007 : 9H00, RDV chez Rodolphe où nous retrouvons quelques compères et Givrés pour notre départ vers notre premier trail de l’année.
Il s’agit d’un trail blanc (une première pour moi) au Mont-dore.
C’est le cœur un peu serré que je quitte ma maison car mon aîné à 12 ans aujourd’hui : à la course à pieds ! ! !
Après quelques heures de route occupées à discutailler, dormir ou se chambrer comme d’habitude nous rejoignons notre appartement à la Bourboule que notre GO givré préféré nous a dégoté.
Petit footing entre amis d’une demi-heure afin de goûter à cette fameuse neige qui est tombée en abondance 4 jours avant sur le Massif central. Aie aie aie cela va être dur demain, les appuis sont fuyants et les côtes d’autant plus dures, sans parler des descentes ! ! !
Après avoir pris les dossards et englouti deux plats de pâtes, nous rejoignons nos appartements afin de prendre un repos bien mérité.
5H45 : comme à son habitude, titi est le premier levé et c’est par un bon coup d’oreiller sur la tronche que je me vois ouvrir mes petits yeux en ce dimanche.
Petit déjeuner entre amis et mes premiers problèmes gastriques arrivent comme à son habitude : il va vraiment falloir que j’apprenne à gérer le stress si un jour je veux finir l’UTMB.
7H45 : appartements nettoyés nous rejoignons les véhicules afin de nous diriger vers le Mont-dore.
Attente, petit tour aux toilettes et chambrages occuperont notre dernière heure.
8H55 : les dernières recommandations nous sont livrées par l’organisateur.
9H00 : le départ est lancé et c’est par deux bornes de descentes en ville que nous débutons cette course.
9H09 : aie première côte et déjà première marche. Parti trop vite je vois un à un tout le monde me doubler.
Tout d’abord notre Titi national accompagné par Cyril (le jeune) qui a l’air du haut de ses 20 ans apprécier la neige et la dompter, puis le neveu de Marc qui laisse transparaître un énorme potentiel, ensuite Xavier et son allure me permet d’évaluer encore les progrès effectués ; bravo à notre nouveau givré. Plus loin ce sera au tour de Roger et Ludovic de me laisser sur place.
Je suis incapable de suivre qui que ce soit, soit-ils vont trop vite, soit-je n'avance pas. Il est vrai qu’hormis Xavier, ils s’alignent tous sur le cour alors que j’ai bien l’intention de boucler le long.
En effet, qui me connaît sait que je suis têtu et quand je décide quelque chose, je vais jusqu’au bout.
Un semi où je m’étais fait une double entorse au bout de 200m et où ce jour là je bats mon record sur la distance peut en témoigner. A l’hôpital ensuite, ils ont bien cru que j’avais même une fracture. Quand je vous dis que je suis têtu ! !
Donc, c’est au bout d’1H10 que j’arrive au premier ravitaillement. Encore frais, il n’est pour moi pas question de bifurquer sur les 23 bornes. Je retrouve Marc et essaie de l’embarquer dans le long. Mais sage, il refuse mon offre. Tant pis, j’aurai bien aimé enfin faire une course à deux enfin, comme savent si bien le faire nos deux Givrés volant que sont Pierrickounet et Valentinou.
Sur les conseils avisés de notre diététicien préféré, j’engloutis saucisson, fromage et une bonne soupe.
Je repars donc seul sur les 34 bornes. Là mon long calvaire va commencer. Incapable d’aller à plus de 6km/h de moyenne (et oui j’ai eu un super Garmin305 pour Noël et cela me permet de voir les kilomètres parcourus et ma vitesse : bon c’est vrai il faut sortir 15 minutes avant dehors pour qu’il chope les satellites, ce qui fait bien rire tout le monde au club).
Dans les montées tout le monde me double, par contre dans les descentes, aidé de mes bâtons je reprends pas mal de terrain.
Malgré mon chemin de croix, je peux admirer les paysages (d’ailleurs à la vitesse où je vais, je les vois bien). Que c’est magnifique ! En haut d’un volcan, un 360° me fait venir les larmes aux yeux. Voilà pourquoi je suis là.
Qu’a t’on à faire du temps réalisé, on s’en fout. Je ne serais jamais un cador, alors ma devise est la suivante :
« Plutôt qu’aller vite, allons loin ».
Malheureusement mon appareil étant en panne, je n’ai pas pu faire de photos. J’aurai tant aimé rapporter des images à montrer à mes 3 fils et à ma femme ;
Bon, il faut repartir, surtout qu’il ne fait pas super chaud là-haut.
Une longue descente me verra doubler tous ceux qui l’avaient fait dans la monter.
La suite de la course se passera sans pépin majeur et c’est avec joie que je rejoins enfin le Mont-dore au bout de 5H35 d’effort.
Bien sur je suis le dernier des 6 qui avait choisi de s’aligner sur les 34 bornes.
Mais je m’en fous, après avoir récupéré de l’effort, je me sens bien. J’aime ces longs périples réalisés en solitaire où l’aventure intérieure prend une dimension importante.
Certains se demanderont pourquoi avoir fait le long. A ceux là je leur réponds qu’il faut faire ce qu’on a envie et non ce qu’on attend de nous.
Un grand merci à tout les givrés et tous les coureurs et coureuses de l’AS Bazainville d’avoir eu la patience de m’attendre et un grand bravo au jeune Cyril, à Patrick et à nos deux féminines tout terrain Brigitte et Dominique.