Mon UTMB 2006 ... La suite

Publié le par Pierrick

(je suis arrivé à la limite du produit J  du coup je dois faire deux articles J J J J J )

...

Nouvelle direction maintenant pour les supporters Champex le lac, la base de vie.

Nous sommes inquiet avec Thierry car Valentin tarde à venir d’après nos estimations. Nous sommes tous les deux tendus. 21.10 . Ca y est il arrive. Il a le masque. Apparemment la montée vers Champex le lac a été difficile.  Alliée à çela la nuit qui tombe, plus les conditions météos qui deviennent pourries, je pense que son moral en a pris un coup. Je vois qu’il commence à boiter. Une douleur au genou et au dos le font souffrir. On se renseigne pour accéder à un médecin. C’est une queue interminable. Titi a encore quelques aspirines qu’ils donnent à Valentin pour la suite de la course. Ok c’est interdit mais si personne ne le répéte, personne ne le saura. Cela l’aidera au moins quelques temps. L’assistance se met immédiatement en branle. On prépare son repas pendant que tel un zombie il se dirige comme il peut vers une table pour se restaurer. Pates, soupes. Et le voila restauré. Il reprends à la volée quelques trucs pour la suite de la course. Pour cette seconde nuit qui promet d’être longue. Nous descendons vers le bunker pour l’aider a se changer. Il a du mal à descendre les marches. On porte tout pour l’aider, on sort tous le matos pour lui. C’est tout juste si on l’habille pas J. Un vrai coq en pâte. On voit bien que ça lui fait bien de se savoir épaulé. Contrairement à Courmayeur, la il doute. J’essaie de le remotiver. De lui dire que c’est magnifique ce qu’il a déjà réalisé. Qu’il a fait le plus dur, même si la nuit et la météo exécrables sont la. Il me dit que je lui manque pendant la course la maintenant. Je m’excuse de l’avoir abandonner. Je lui dis de tenir. Que c’est dans la tête maintenant. Que toute manière le corps n’en peut plus. Qu’il ne faut plus compter sur lui et que c’est le mental qui va faire toute la différence. La dessus arrive un petit bout de femme de rien du tout qui vient a cote de moi et qui dit a Valentin : « Ecoute le !! Il a raison … On va terminer … c’est dans la tête ».

 

Laurent surgit dans le Bunker lui aussi. Valentin est prêt à repartir. Nous lui proposons notre aide qu’il décline. Il tient apparemment à rester seul concentre sur son sujet. Il ne semble pourtant pas au mieux non plus à ce moment de la course. Mais lui aussi à un mental d’acier, il va tenir. Il va finir.

 

J’accompagne Valentin hors du Bunker. Je le remets sur le chemin car il partait un peu dans la mauvais sens. J . Il est un peu hagard mais bon il est reparti. Je lui souhaite bonne chance et à demain à Chamonix. Il me dira plus tard que ce moment à Champex avec nous a été crucial pour son moral. A cela il faut associer les coups de fils qu’il écoutera au départ de Champex de tous ces supporters et entre autre celui de notre Marco à nous qui apparemment lui a fait un bien fou.

Nous repartons nous coucher à St Gervais pour être frais et dispo pour le lendemain.

 

8.00 Direction le petit déjeuner.  Pas de nouvelles de Valentin. Nous pensions recevoir un coup de fil de lui vers 7.00/ 7.30 du mat d’après mes estimations pour nous dire qu’il etait a Argentière. Apparemment les conditions se sont durcies pendant cette seconde nuit et tous les coureurs ont souffert. 8.30 . Le coup de fil tant attendu arrive. Il repart d’Argentiere. C’est sur il est la. Il va terminer maintenant. Nous sommes rassurés. Mais il nous dit souffrir le martyr. Nous prenons la voiture et direction Chamonix. Nous sommes campés sur la ligne d’arrivée à attendre le Héros. Je devrais dire les HEROS. Car tous ceux qui arrivent sont des héros. Je rencontre Babeth et ces enfants qui me dit avoir vu Laurent à Vallorcine et qui semble aussi souffrir énormément pour terminer. Mais elle me dit qu’il terminera.

 

Je regarde tous ces concurrents qui franchissent cette ligne d’arrivée, l’accueil superbe qui leur est fait par tout le public. Je trouve ça génial. Ils ont l’air d’avoir tous souffert et pourtant pour récompenser le public nombreux ils effectuent un dernier effort  pour franchir la ligne d’arrivée en courant. L’émotion est palpable partout. Je vois des enfants qui attendent leur papa ou leur maman et qui franchissent la ligne d’arrivée avec eux. Certains ont encore l’énergie de prendre sur leurs épaules leur enfant. Une image magnifique me revient à l’esprit.

Un future maman (a mon avis des le lendemain. J ) franchit avec son amoureux la ligne d’arrivée. Le futur bébé, fille ou garçon je ne sais pas, a franchi la ligne d’arrivée avec papa et maman J Génial.

 

L’attente est longue. Thierry est parti au devant de Valentin pour profiter avec lui de l’arrivée et de faire un reportage photoJ. Mon genou m’handicape trop. Je préfère attendre ici près de la ligne d’arrivée.

D’après son dernier coup de fil, j’avais estimé qu’il devait arriver vers 10.00. Et il n’arrive pas. Inquiet j’appelle Titi. Il est remonté au moins de 2 kms vers lui et ne le voit toujours pas. L’attente est longue. Je vois les arrivées défiler. Marco OLMO se place juste a coté de moi pour une interview de la RAI . Je prend un photo et m’écarte un peu.. Je discute un peu avec Babeth. Le téléphone sonne. C’est Titi. Il est avec Valentin. Il arrive. Il me préviens qu’il est dans un sale état mais il est la. A Chamonix après plus de 39 heures de course, presque 160 kms de course et plus de 8500 m  de dénivelé positive. Il arrive … nous l’attendons. Je me prépare. Je sors l’appareil photo pour immortaliser l’instant. Il arrive je le vois. Clopin , clopan. Il arrive comme il peut. Il a les stigmates de la souffrance mais en me voyant il arrive à sourire. C’est génial ; Il entre dans la foule. Il est acclamé tel un héros des temps modernes. Le public est aussi enthousiaste pour son arrivée que pour l’arrivée que Marco OLMO il y a déjà 19 heures. C’est un public avertit, qui évalue la performance qui vient d’être réalisée. Un frisson parcours mon échine. Comme j’aimerais être à sa place. Je l’envie. J’espère qu’il savoure pleinement ce moment. Il est magique. S’en rend il compte ? Je ne sais pas. Il vous le dira lui-même. J’essaie de prendre des photos de ci de la … mais je bouge trop et elles sont toutes floues. Quel tocard je fais. Je m’en veux. Tant pis … Il faut refaire un autre tour pour que j’aie le temps de mieux me préparer et faire de belles photos. J … Il franchit la ligne d’arrivée en formant un V avec ses fidèles bâtons.

L’isolement complet qu’il a vécu durant toute sa course est un contraste saisissant avec l’effervescence de l’arrivée.  Il est au milieu de tout le monde se laisse guider a gauche à droite.

Je le rejoins avec Titi. On le félicite. Il peut être fier de ce qu’il vient d’accomplir. En tout cas moi je suis fier de lui. C’est monstrueux.. Mais pour le moment il n’est toujours pas redescendu de sa montagne … Il réalisera dans quelques jours.

 

Epilogue : Voici bientôt un mois que la course est passée. J’ai eu beaucoup de mal a écrire mon CR car la déception etait telle que je ne savais pas comment présenter ma vision de cet UTMB. Finalement j’en ai écris une tartine. Désolé pour ceux qui auront eu le courage d’aller jusqu'à ces derniers mots. Mais il etait difficile de relater cette course et les sensations que l’on ressent en étant trop imprégner encore par la course. J ’ai fais maintenant mon deuil de cette course. Je sais ou j’ai raté le coche. Je sais ce qu’il me reste à travailler et j’espère que la prochaine fois je pourrais connaître moi aussi le grand frisson. Après mon abandon je ne pensais pas que je reviendrais sur cette course car je la trouvais en fait assez chiante : on court trop peu a mon gout, en tout cas dans nos niveaux, Mais après avoir vu toutes ces arrivées successives et avoir vécu de l’extérieur l’épopée de Valentin, je n’ai plus qu’une envie.. C’est d’y retourner et cette fois ci en étant mieux armé psychologiquement et mentalement pour affronter cette aventure.

En tout cas BRAVO A VALENTIN, tant pour ta performance mais aussi pour ta patience, ta solidarité et ton abnégation durant toute la partie de la course que j’ai pu partager avec toi.

Je crois vraiment que notre binôme de course a bien fonctionné.  Seulement un des deux a pu accomplir l’exploit… mais cela n’est que partie remise … Et j’espère que des l’année prochaine j’y serais.

 

 

 

FIN

 

Publicité

Publié dans CR de courses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article